« On devient écrivain à cause de son enfance. » Et c'est dans cette enfance corrézienne et rurale qu'il faut chercher les sources d'inspiration de la plupart des romans de Christian Signol, livres empreints de réalisme, de sensibilité qui disent si bien son amour de la terre, de la nature et des hommes. La critique a souvent qualifié Christian Signol d'écrivain du « terroir », mais dit-on de Giono ou de Mauriac que ce sont des auteurs régionalistes ? S'il est un univers auquel il aime se référer, c'est plutôt à celui des romanciers américains des grands espaces, les Jim Harrison, Norman MacLean, Dan O'Brien ou James Welch. « Mon Montana à moi, dit Christian Signol, c'est la vallée de la Dordogne ! » Les lecteurs – nombreux – le suivent depuis toujours, retrouvant dans ses livres les couleurs de leur enfance, aimant s'identifier à ses personnages au caractère bien trempé (des héros qui sont le plus souvent des héroïnes, des femmes fortes qui affrontent leur destin avec courage et ténacité). Formidable conteur, écrivain généreux et sincère, Christian Signol travaille avec la même passion, la même patience qu'un grand artisan. Un artisan du livre. |
| Pourquoi le ciel est bleu | |
"Julien Signol, mon grand-père paternel, ne sut jamais lire ni écrire, et moi, son petit-fils, je suis devenu écrivain. Grâce à lui bien sûr, grâce à mes parents, à leur travail, leur courage, à tout ce qu’ils m’ont légué.
Et pourtant, il a fallu plus de quarante ans à Julien pour oser poser à son fils la question à laquelle sa mère avait répondu par une gifle cruelle quand il avait sept ans : “Pourquoi le ciel est bleu ?”. Il en était resté meurtri, comprenant vaguement que l’enfant d’une domestique, veuve de surcroît, n’avait pas le droit de lever la tête vers le ciel. Cette scène ne s’est pas déroulée au XVIIIe siècle, mais à l’orée du XXe…
Les hommes souffrent, luttent, pour que leurs enfants vivent mieux qu’eux. Julien en est un humble exemple : en échappant à un destin écrit d’avance, il a réussi à conquérir sa dignité, à offrir à ses fils tout ce qui lui avait manqué. N’est-ce pas encore aujourd’hui, malgré les différences de modes de vie, le but de tous les hommes et de toutes les femmes dans un combat qui demeure et demeurera toujours le même ?"
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| Ils rêvaient des dimanches | |
"Pour la plupart des familles françaises, passées en trois générations de la paysannerie à l’université, le XXe siècle a été un formidable ascenseur social. L’histoire de ma famille maternelle est symbolique de cette évolution, et c’est pourquoi j’ai eu envie de la raconter. Ce que nous sommes aujourd’hui, nous le devons au travail acharné, aux sacrifices, à l’obstination de nos aïeux, de nos parents, qui ont lutté pour que leurs enfants, leurs petits enfants, un jour, vivent mieux. Leur vie sur une terre que souvent ils ne possédaient pas était rude, difficile : ils rêvaient des dimanches pour prendre enfin un peu de repos, leur seule récompense avec le pain de chaque jour.
Nombreux seront ceux qui se reconnaîtront dans ces pages où s’exprime avant tout la gratitude que nous devons à ces hommes et ces femmes humbles et courageux."
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